Le Havre de Aki Kaurismaki
Au départ, je n'étais pas très chaude pour aller voir ce film, ayant vu un film de Kaurismaki qui m'avait totalement traumatisée par sa secrétion d'ennui profond.
Mais comme j'avais entendu une interview d'André Wilms à la radio, et que ce comédien est un conteur fabuleux, il m'a donné l'envie.
J'ai l'impression d'avoir passé une heure et demi dans une bande dessinée des années soixantes...Mêmes couleurs sursaturées, mêmes plans, même gestuelle, et la manière de parler, si fort articulée donne l'impression qu'on est en train de lire les bulles...
Dans Dick Tracy, Warren Beatty avait fait la même chose, mais, lui, volontairement. Là, je ne suis pas sûre que le but de l'opération était de rendre un effet BD....
Deuxième sensation étrange, la plongée dans un pot de miel où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, même le flic...sauf Jean Pierre Léaud, ce salaud!
Trop de bonbons, entre les couleurs et les sentiments, on frôle l'écoeurement! Alors on somnole doucement...
Le Havre a le vent en poupe en ce moment! On y a récemment tourné une mini série télévisée. Est-ce l'effet Unesco? Ou bien cette architecture séduit-elle les cinéastes?
Au fait, des falaises à Dunkerque??? Ah bon??? et les rues de Calais n'ont pas grand chose de calaisien...Par contre, les Havrais boivent autant que les Finlandais...allez, on traîne toujours un peu de son pays sous la semelle de ses chaussures, même si elles sont cirées!
Japonaiserie
Voilà un bel ovni…de la main gauche, puisque la droite ne marche plus…
L'amour dure trois ans de Frédéric Beigbeder
J'y suis allée sans grand enthousiasme, en me demandant un peu pourquoi j'y allais.. En fait, parce que ce matin c'était le seul film français un peu intéressant à Rosny 2. J'aimerais bien que de temps en temps, au lieu de projeter des films américains en français, ils nous en mettent en VO...Mais apparemment, ce n'est pas la politique de la maison. Sans compter que la programmation est assez linéaire, soit des policiers ou des grosses machines américaines, soit des niaiseries pour enfants...
Bref, revenons à notre mouton.
Eh bien, j'ai bien aimé.. Bon, c'est du Beigbeder, le doigt sur le nombril et le monde tourne autour, mais c'est très bien écrit, la mise en scène est agréable et les comédiens s'en donnent à coeur joie. qui aurait pu penser que Gaspar Proust était capable de sourire, et fort joliment???
Les personnages qui gravitent autour du couple principal sont tous drôles et attachants, pères, mères, copains, copines, ils ont tous une épaisseur qu'on ne s'attendrait pas à trouver dans une comédie.Bourseiller en prêtre, quel grand moment!
Et puis il y a la lumineuse Louise Bourgoin, parfaite dans son rôle d'amoureuse un peu folle, pleine de vie et de santé. Belle et drôle!
Le couple improbable Joey Starr ( qui devrait maintenant apprendre à articuler, puisqu'il n'a plus à prouver qu'il est capable de jouer) Thomas Jouannet, est une trouvaille!
Voilà! donc, j'ai passé un bon moment. Je n'ai pas dit que c'était le film du siècle, mais pour passer deux heures agréables...
La Cabale des Muses de Gérard Hubert Richou
D'artagnan est mort... Mais comment? Pourquoi cet homme que l'on croyait invincible a-t-il été tué au siège de Maastricht?
Le roi Louis en est fort marri, car il avait estime et affection pour son mousquetaire. Alors, le lieutenant de Police, la Reynie, envoie Gueraud Lebayle pour enquêter sur ce qui ressemble à un crime.
Au cours de ses recherches, Gueraud fait la connaissance de Pistol, un dessinateur qui travaille pour Vauban, et qui voit plus et mieux que les autres. Ils vont alors découvrir le réseau de souterrains qui se trouve sous la ville et permet aux Hollandais d'attaquer et de se retirer facilement.
De retour à Paris, il place la jeune Lisa qu'il a en quelque sorte adoptée, dans un institut géré par un hollandais, Maître Affinius, dont la réputation de grandes connaissances lui vaut d'accueillir nombre d'élèves de la bourgeoisie mais uniquement des garçons, alors Lisa se déguise. Elle est sous la protection de Cauzé de Nacelle, lui aussi mousquetaire, mais qui se cache dans l'institution sous un faux nom.
Tous les personnages étant en place, l'aventure peut commencer, car en cherchant l'assassin de d'Artagnan, on va tomber sur une conspiration visant à l'invasion de la France par les Hollandais.
Digne des romans de cape et d'épées à la façon de Dumas, ce livre est un pur régal...Batailles, chausse-trappes, coup fourrés, libertinage, nobles arrogants, sbires effrayants, tout y est!
La saisie du modèle. Rodin. Musée Rodin
Enfin une exposition où tout ce qui est montré est d’une beauté parfaite.. Le coup de crayon, l’aquarelle, l’audace du trait et de l’interprétation, les essais, couleur, estompe, plume.
Voilà un artiste qui n’a jamais arrêté de perfectionner son dessin puisqu’il y en a 6000 dans les réserves du musée. Tous ceux qui croient faire de l’art devraient aller s’en mettre plein les yeux et réfléchir à ce que travail signifie…
Avec à la base une technique parfaite, on essaie, on improvise, on tente des choses, on améliore.
Plein les yeux, et plein le coeur!
Galerie Templon ce matin
On m’avait dit va voir l’exposition Chiharu Shiota.
J’y suis donc allée.. Le problème, c’est que même si ce que j’ai vu est impressionnant, magnifique, on reste sur sa faim… En gros, une salle, une oeuvre…Comme aurait dit Magritte, ceci n’est pas une exposition…
Alors, j’ai traversé la rue pour aller voir Juilao Sarmento dans l’autre partie de la galerie..Et là, une grande impression de vide…Quel intérêt???
Heureusement que dans le square Anne Franck, à côté, les camélias en fleur m’ont apporté un moment de beauté, parce que pour le reste….
Shanghai Club de Jacques Baudoin
Roman à grand spectacle, la Chine après 1870, les concessions européennes à Shanghai, entre commerce et illusions.
Un beau corsaire français, qui fut capable de torturer sauvagement dans le passé, monte avec un comprador chinois, une compagnie de transport sur le Yangzi, et fait rapidement fortune, grâce à sa connaissance du terrain et son audace.
Il tombe amoureux d'une belle prostituée chinoise, qu'il prend pour concubine et lui fait un fils.
Dans le même temps, il fait venir de France une épouse, Olympe qui est forcément belle, blonde et tombe amoureuse de lui. Alors qu'il lui faudra un certain temps pour l'aimer.
Il va faire de mauvaises affaires, un cyclone va détruire ses steamers, et il sera assassiné dans le quartier chinois. Sa femme reprend les rènes de l'entreprise et va élever ses enfants.
Façon "autant en emporte le vent", mais en Chine...Très agréable à lire.
Parlez moi de vous de Pierre Pinaud
Drôle de film, qui est une sorte d'analyse psychanalytique d'une femme, incarnée par Karine Viard, éblouissante, capable d'émouvoir, d'inquiéter, de repousser, et de séduire.
Melina, qui s'appelle en réalité Claire, répond aux auditeurs le soir, Macha Beranger blonde, avec petit chien aussi...chose curieuse, celle qui a la voix de Macha, c'est Dani, qui joue son assitante dans le film.
Et elle est chaleureuse, amicale, tendre, ouverte...Par contre, dès qu'elle sort du studio, c'est un bloc de granit, qui ne supporte pas la présence humaine, porte des gants pour ne pas toucher, remet en place tout ce qui peut être déplacé, bref, qui est rongée par les tocs...
Sa réussite, on la voit dans son superbe appartement dans le 16°, l'Alfa Roméo, les Louboutin...
Mais d'où viennent tous ces troubles? De son abandon par sa mère.
Et voilà qu'on retrouve sa mère, qui habite Claye Souilly, ce qui va donner des moments délirants, tant la jeune femme n'est pas à sa place dans ce milieu, en particulier quand elle joue les bénévoles au Secours Populaire.
Entre en scène Lucas ( Nicolas Devauchelle) qui va tomber amoureux d'elle.
Petit à petit elle va surmonter ses malaises, surtout après une scène grandiose à l'hôpital...
Et elle va s'ouvrir enfin au monde..
Le film est bourré de bons sentiments et l'on voit bien où il nous emmène. Il est probable que sans Karine Viard qui joue sur tous les registres, il aurait sombré dans le mélo. Et une petite remarque : pour une fois, Nicolas Devauchelle serait presque sympathique!
Une vie meilleure de Cédric Kahn
Très joli film sur un sujet qui n'est pas gai, le surendettement et ses conséquences.
Yann et Nadia s'aiment, et travaillant tous deux dans la restauration, décident d'ouvrir un restaurant, dans un lieu qui est complètement à refaire, mais qui est plein de potentialités. Le problème, c'est qu'il faut à la fois l'acheter, puis l'aménager. Alors, pour obtenir un crédit, ils vont emprunter dans des organismes de crédits revolving.
Pourtant, leur banquier les avait prévenus, et la conseillère qu'ils rencontrent ensuite leur conseille de vendre, mais Yann s'obstine dans son rêve de gosse. Et Nadia part travailler au Canada, puis disparaît.
Yann s'occupe de son fils, Slimane, et se voit obligé d'aller vivre dans un de ces dortoirs où sévissent les marchands de sommeil.
Personne ne peut l'aider, ou ne veut l'aider. Il revend à perte son restaurant, et se rend enfin compte qu'il va continuer à payer les intérêts de ses emprunts. Alors, il part au Canada, pour essayer de retrouver Nadia.
Après toute cette misère, la fin offre quand même une lueur d'espoir pour une vie meilleure!
Les lieux ont une force importante dans le film, entre les colonnades du Palais Royal et les gourbis de St Denis.
Et il y a des moments magiques, comme lorsque le père et le fils se mettent devant le Stade de France, et suivent le match simplement en écoutant les cris des spectateurs...
On est tout le temps dans l'émotion, mais pas dans le misérabilisme. Et la qualité des acteurs y est pour beaucoup.
Séance du 14 janvier
Déjà, je suis arrivée avec les yeux qui n’étaient pas bien dans l’axe, vu qu’un chat avait été malade, et les lessives à trois heures du matin, ce n’est pas l’idéal pour se rendormir ensuite et être en forme!
J’ai donc commencé par une petite toile, en 45 minutes, ce n’est pas forcément suffisant. Mais bon..
Ensuite, j’ai utilisé pour la première fois du fusain compressé, et comme je n’ai pas du tout maîtrisé la bête, vu que une fois posé, le trait est posé, qu’on n’y revient pas, j’ai fini par faire un nu neuneu…
Et là, ma tendinite m’a rattrapée, impossible de dessiner de la main droite. Va donc pour la main gauche…Mais j’aime bien, de temps en temps, c’est une vraie liberté, parce qu’on sait que de toutes façons, on ne pourra pas fignoler.
Et comme en plus, le modèle nous a fait des poses qui bougeaient, ça a donné une feuille matissienne!
Et pour finir deux nus allongés, avec plein de raccourcis..Toujours de la main gauche!
Finalement, d’expériences en expériences, une séance bien intéressante, ma bonne dame.










