Detroit 1-8-7 sur Canal +
Quand la télévision est meilleure que le cinéma....
Parce que ce n'est pas seulement une série policière. Très bien menée, au demeurant, avec des policiers tout en finesse et dont les personnalités se révèlent petit à petit, par petites touches, grâce à des comédiens formidables qui manient l'humour avec délectation.
Mais c'est aussi le portrait d'une ville, qui fut une sorte de phare de la consommation, avec ses usines automobiles qui menaient le monde, ses ouvriers très bien payés et surprotégés, ses bâtiments et ses maisons affirmant avec arrogance la richesse de la communauté.
Et puis, la crise est venue, les usines ont fermé, les ouvriers sont au chômage, les maisons et les bâtiments sont en ruine...
Alors les crimes sont commis dans les squats, dans les banlieues sinistrées, où des agents immobiliers véreux continuent à se faire de l'argent, où l'on rase les maisons pour construire des immeubles qui rapporteront de l'argent.
C'est le pot de terre contre le pot de fer, la survie ou la vie, c'est magnifiquement montré, d'autant que du point de vue cinématographique, toutes les techniques sont utilisées, caméra à l'épaule pour suivre les poursuites ( et il y en a beaucoup) mais aussi, prises de vues à la japonaise, caméra statique au sol...
Un pur régal.
Esthétiquement on se pourlèche les babines, car tous ces bâtiments en ruine prennent une allure de dessins de science fiction, et en disent plus qu'un long discours sur ce monde qui s'est écroulé.
Quant à la bande son, elle est exceptionnelle, la musique soutient l'action sans jamais la gêner, s'arrêtant pour souligner le mot important, mais reprenant ensuite pour accompagner le rythme.
Pas le temps de souffler, tout accroche l'oeil et le cerveau, c'est un pur bonheur!



