Comme un homme de Safi Nebbou
Comment le jeune Louis, avec ses jolies joues bien rondes, son regard profond et son beau sourire, lui qui semble voir s'ouvrir devant lui les portes d'un avenir lumineux, sous le regard d'un père admiratif, comment peut-il être ami avec Grégoire, qui ne réussit pas à l'école, qui "emprunte" les voitures du garage de son père, et va commettre l'irréparable en enlevant la prof d'anglais qui ne l'aime pas, et qu'il a déjà menacée avec des ciseaux?
Car c'est cette amitié qui va faire basculer la vie de l'adolescent, qui ne se remet pas de la mort de sa mère dans un accident de voiture. Il accompagne Grégoire dans l'enlèvement de la jeune professeur, et lui prête sa cabane au bord de l'eau pour la séquestrer.
Ce qui nous donne l'occasion de faire des voyages en barque dans un cadre bucolique. Et cette éolienne qui tourne...sur ces routes d'hiver sans âme.
Mais dès les premières images, la tension est telle, qu'on ne cessera jamais d'être angoissé tout au long du film, à se demander comment ils vont se sortir de ce faux pas, surtout que l'affiche du film laisse supposer une issue fatale.
Soutenu par une musique prenante, cette histoire d'amitié adolescente, qui parle aussi des liens entre un père et son fils qui vivent seuls, est formidablement interprétée par tous les comédiens, et les Berling père et fils sont parfaits, tout à la fois distants et tendres.



