09 novembre 2009
Away we Go de Sam Mendes
Un couple de gentils tourtereaux qui s'adorent, vont bientôt avoir un enfant, alors, où vont ils poser leur nid?
Au départ, ils se sont rapprochés des parents du garçon, mais ces jeunes retraités partent vivre leur vie en Europe, et vendent leur maison...
Alors, où aller? Ils ont peu de famille, peu d'amis...Mais ils vont en faire le tour.
Premier arrêt en Arizona, chez d'anciennes connaissances du temps où ils habitaient Chicago. Couple insupportable de bêtise avec des enfants qui les observent comme on regarde des poissons rouges dans un bocal..
Deuxième étape chez la soeur de la jeune femme, retrouvailles tendres mais pas suffisantes pour combattre un climat qui ne leur plaît pas...Trop chaud, trop de cacta...( une scène hilarante avec un enfant que l'on oblige à démontrer ses connaissances)
Voyage en train, parce que la jeune femme est tellement ronde que personne à l'embarquement de l'avion ne veut croire qu'elle n'est qu'à six mois de grossesse.
Puis passage rapide chez un couple adepte de la vie au naturel, avec une Maggie Gyllenhall hallucinante, où la poussette devient l'emblème de Satan..
Montreal ensuite, chez un couple d'amis qui, apparemment, ont construit une famille magique en adoptant des enfants, mais dont on découvre que les souffrances sont profondes.
Miami pour finir le tour, chez le frère du jeune homme, qui vient d'être abandonné par sa femme et vit mal sa vie de père célibataire.
Et finalement, c'est là que la jeune femme, en évoquant son enfance, ses parents qui sont morts, pense à sa maison sur les bords du Mississippi. Maison magique, où ils vont enfin se poser.
Tout celà est gentil, amusant, road movie (mais pas beaucoup de roads..)où on effleure les souffrances ou les déviances. Comédie douce et tranquille, avec un couple d'acteurs inconnus, parfaits dans leurs rôles de futurs parents immatures, qui vont mûrir au cours du périple et vont finir par savoir à peu près ce qu'ils veulent pour eux-mêmes et pour leur enfant à naître.
07 novembre 2009
Le concert de Radu Mihaileanu
Que voilà du bonheur à l'état pur! Quand on sort en larmes, après avoir ri aussi, quand pas un instant on n'est sorti de l'histoire, c'est toute la magie du cinéma!
Une belle histoire, celle de musiciens russes qui viennent à Paris pour jouer le concerto pour violon de Tchaikovsky qu'ils n'avaient jamais terminé en 1980. Mais comme ils n'ont pas joué depuis trente ans, comme ils n'ont pas d'argent, ils vont se débrouiller pour venir jouer au Chatelet au lieu du véritable orchestre du Bolchoï.
C'est d'abord l'histoire de ces hommes dans la Russie d'aujourd'hui, avec leur drôlerie, leur talent, leurs émotions.
Il y a dans ce film des scènes d'une incroyable drôlerie.
Et puis, à Paris, on s'aperçoit qu'ils y sont tous venus pour des raisons diverses, pas forcément pour les meilleures raisons de la terre, et en tous cas, pour la majorité d'entre eux, pas pour la musique!
Le chef d'orchestre, joué par Alexei Guskov (éblouissant) a choisi une violoniste française, mais pas au hasard, ce qu'on va découvrir peu à peu..
Les vingt dernières minutes sont consacrées au concert proprement dit, et c'est un tourbillon d'émotion sur la musique de Tchaikovsky.
J'avais adoré "Va, vis et deviens".
Ce film est tout aussi fort, tendre, émouvant, et magnifiquement filmé.
Une splendeur!
19 octobre 2009
Mademoiselle Chambon de Stéphane Brizé
La première scène, un pique nique qui se termine sur un problème de grammaire (qu'est ce donc qu'un complément d'objet direct? ) était très drôle, et montrait bien le désarroi que l'on peut éprouver devant les manuels scolaires quand on ne fait pas partie du sérail...
Mais la suite était moins réjouissante, et j'ai réprimé un régiment de baillements...
Il faut dire que comparé à "Melle Chambon", "in the Mood for love" est un film d'action...
Si vous aimez le non-dit... et diable, on vous laisse le temps de tout bien comprendre...
Si vous aimez les sentiments refoulés...allez voir ce film.
En dehors du fait qu'il ne se passe pas grand chose, j'ai eu aussi le sentiment étrange d'assister à une sorte de documentaire sur la vie des prolétaires, la force de la famille, l'amour que l'on porte aux anciens, et aux enfants... Vincent Lindon est formidable en maçon bon père, bon mari, bon fils, travailleur, consciencieux, mais pris dans les vertiges de l'amour défendu...Mais trop de bons sentiments, n'est ce pas un peu trop, justement?
Face à une Sandrine Kiberlain en instit bourgeoise bobo...dont la famille n'a rien à voir avec celle des prolétaires...
Et la musique! Aller rechercher Elgar au fond de son placard! Musique sirupeuse qui m'évoque les tableaux que l'on vend sur les marchés: les grands cerfs à l'orée du bois...sur fond de coucher de soleil!
Impression de cucul, de gnangnan, avec parfois des fulgurances, comme l'instant où Aure Atika comprend l'amour de son mari pour une autre..
Mais dans l'ensemble, on s'ennuie plus qu'autre chose... Pourtant, apparemment, les critiques de cinéma adorent! Ils se sont peut être endormis après la première scène....
17 octobre 2009
Fishtank by Andrea Arnold
How hard it is to be a teenager when your fishtank is just a flat in a poor suburb, when you have the feeling no one sees you, no one loves you, when you have no father and your mother is behaving like a teenager...
When she brings home a new boyfriend who, for once, seems to see you, tries to speak to you, behaves as if he liked you and encourages you in your dancing which is almost all you have...
Then, you are fascinated by him, by his body, his way of acting, the love he makes to your mother...
And what should never have happened happens...One night, when you are both drunk, you have sex...
And the young girl thinks she has found love.. But on the following morning, he's gone..
She follows him to his home and realizes he has a family there... and she's so angry she kidnaps his little girl and almost drowns her...
She goes to a dancing audition and understands it's not exactly what she thought it was...
In a few days, her whole life has been transformed, and when she leaves with her boyfriend, she is almost an adult.. As she has experienced so many new emotions in such a short time..
and she finally admits that although her mother and her sister have only been barking at her all the time, they might like her.
Out of the fishtank, she is going to start a new life, and at the same time, she has to admit that her family likes her...
The actors are fantastic, especially the young Katie Jarvis who puts all her energy in her role,which is extremely physical, but deeply emotional as well.
16 octobre 2009
Rose et noir de Gérard Jugnot
Retour du film de cape et d'épée à la française, celui qui a berçé mon enfance.. c'est peut être pour ça que j'ai bien aimé ce film.. Même si l'on en voit bien toutes les ficelles et les références, même si le "message" est simpliste... Beaux costumes, beaux décors...
Les critiques sont mauvaises.. On s'en fout, hein, Germaine? Nous on s'est laissés aller au plaisir des yeux!
04 octobre 2009
The Informant by Steven Soderbergh
Strange feeling... i have seen a film. I have enjoyed it at times. And it's only at the end that I started understanding a little the purpose of it...
The only known actor in the movie( on this side of the ocean ) is Matt Damon, but he put on so much weight for this role that he is hardly himself...And at the end, he is even bald...Where is the sex symbol?
Apparently, this comes from a true story, Damon becoming a mole for the FBI in a story about the prices of corn around the world...Which isn't fascinating at all...So, it's sometimes a little boring...
Some short funny scenes...
I have the feeling that this film was made to please Soderbergh and Damon.. They enjoy themselves... And Damon is like a cat eating a mouse... licking his lips...
The problem is that from France, it's not really interesting... And American film for Americans...No action, nothing thrilling...
Disappointing!
29 septembre 2009
L'Affaire Farewell de Christian Carion
Sur fond de guerre froide entre les deux blocs, quand Gorbatchov commençait à envisager la Perestroika, quand Mitterrand, qui vient d'arriver au pouvoir, nomme des ministres communistes, et que Reagan continue à visionner ses vieux films...Dans un Moscou des années 80 magnifiquement reconstitué, un agent du KGB, amoureux de la France, où il a vécu, contacte un ingénieur français auquel il va distiller plans et organigrammes des espions soviétiques dans le monde.
Le Français n'était pas un espion, mais il le devient malgré lui, car il va devenir l'ami de l'homme du KGB.
Au delà de la fresque politique, c'est surtout l'histoire de cette amitié qui est l'essentiel du film.
Et si le bon géant russe tombe, c'est un peu à cause de Lagarde et Michard...
Emir Kusturica est prodigieux en colonel russe, amoureux de sa femme, mais la trompant, adorant son fils, mais ne trouvant pas les mots pour lui parler, se voyant en sauveur de son pays, car il fait tout celà pour la gloire, pas pour le compte en Suisse..Il domine le film de bout en bout, et même si Guillaume Canet est bien, il ne lui arrive pas à la cheville.
La scène de son exécution, son dernier petit geste, sont pleins d'émotion.
Thriller? Film d'espionnage? Film d'hommes surtout, film pour Kusturica...
26 septembre 2009
Le Dernier pour la Route de Philippe Godeau
Les premières images du film ont provoqué un moment de fou rire auquel j'ai vite résisté, mais avouez que faire dormir un alcoolique dans des draps "lie de vin", c'est du dernier chic.. Voulu, involontaire???
Mais après, on rit beaucoup moins...
Histoire d'une désintoxication dans une maison spécialisée ( d'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi tous les critiques la situent en Suisse, alors que l'action se déroule visiblement en Haute Savoie et probablement du côté d'Aix les Bains.. Sans doute parce que dans le livre... Ce qui veut dire que les critiques ne regardent pas les images, mais les résumés qu'on leur fournit.. C'est grave!).
Bref, la première impression passée, le côté prison ( on vous débarrasse de tous vos objets personnels) tout le monde se tutoie, on vit en communauté, on fait la prière en se tenant la main... L'ambiance fait penser aussi à une secte!
Mais petit à petit, on comprend que pour sortir de l'enfer qu'est l'alcool, on a besoin des autres, et que sans eux, on ne peut pas arriver à l'abstinence.
D'ailleurs, peu d'élus arrivent à s'en sortir, après la cure... Difficile d'échapper aux bons sentiments des autres qui pensent qu'un verre, ça ne peut pas faire de mal...
Pour toutes les dépendances, c'est le même problème, que ce soit la nourriture ou la cigarette...Il ne faut pas remettre le doigt dans l'engrenage.
Pourquoi et comment devient on alcoolique? Chacun a son parcours...et le fait de l'exprimer permet de mettre le doigt sur ce qui fait mal.
Et ce film est formidable, car il nous fait rencontrer tout un groupe de personnages aux tracés différents, qui vont devoir admettre leur alcoolisme et repartir vers la vie normale..
Tous les comédiens sans exception sont à saluer. Ils sont exceptionnels.
Bien sûr, François Cluzet est au sommet de son art. Sa détresse, lorsqu'il se voit boire et ne pas pouvoir s'en empêcher...coincé dans sa cuisine, sous le regard de sa femme...Ces scènes sont d'une grande intensité.
Pour ceux qui pensent, comme son fils dans le film, que s'arrêter de boire, c'est facile, et ceux qui se moquent de ceux qui boivent.. allez voir, comme c'est difficile...
20 septembre 2009
Julie and Julia by Nora Ephron
Food lovers, don't resist! Go and see it!
In fact, it's the story of two happy marriages, one just after the war, mostly in Paris, and the other one in New York, in 2003.
The link? Cooking, and a book, written by Julia Child, as well as her programmes on TV.
For 365 days, the young Julie is going to wrtie a blog about the food she makes, following the recipes given by Julia Child in her book, and at the same time, we follow the circumstances in which Julia Child wrote the book.
Meryl Streep is perfect, as usual, and she expresses her love of French food and cooking so well, sometimes, you have the feeling she's going to explode! Seeing her cooking is pure joy.
And Stanley Tucci is elegant, refined, clever, as her husband.
The only problem is that Amy Adams doesn't look so overwhelmed by food.. She never tastes it, and the only time she bites in something, it's a raw carrot...
But the way she pronounces Boeuf bourguignon is really cute.. she pronounces "bouffe" which means food in slang. Unfortunately, she puts a Bordeaux wine in the bourguignon, which, as the name says it, should be made with a burgundy wine!!!! Damned!
Altogether, a nice film, with a litlle regret, that the casting makes you think of "The Devil dresses in Prada..."And for Parisians, a funny moment, as the first French restaurant where Julia child is supposed to discover French cooking, is an English Pub, The Bombardier... But in the film, you only see the outside, with a sign saying French cooking...The scene inside was probably shot in a studio!
And several times, you see this part of Paris appear, around The Pantheon, and some scenes have been shot in the same places as "the Devil dresses in Prada..." For Americans, Paris is a very small place...
17 septembre 2009
L'armée du crime de Robert Guédiguian
Quel beau film!
Non seulement il nous parle d'un épisode de notre histoire qui a failli disparaître des mémoires, mais le cinéaste le traite en homme de coeur, avec une vraie tendresse pour ces hommes et ces femmes qui sont "morts pour la France", comme il est répété dans le générique.. alors qu'ils venaient d'ailleurs, et qu'ils s'étaient réfugiés dans le pays des droits de l'homme.
Des personnages forts, tendres, profonds, interprétés par des comédiens subtils et inspirés.
Cette bande de jeunes dont l'âge moyen tournait autour de vingt ans avait du cran et de la passion, un vrai désir de combattre le nazisme. Et les jeunes acteurs du film sont formidables.
Bien sûr, il y a Simon Abkarian, auquel on donne enfin un rôle tout en finesse, au lieu des gangsters ou des rois du pétrole qu'il joue au cinéma, à cause de son physique et de sa connaissance de l'anglais.
Là, on sent qu'il retrouve ses racines arméniennes, et que ce rôle de poète est fait pour lui.
Le moment où il passe de l'impossibilité de tuer à l'action armée est un grand moment du film.
Comme le passage des bus emmenant les juifs au Vel d'Hiv, dans un silence total est d'une force incroyable.
Certains personnages, que l'on pourrait inclure dans les méchants ne sont pas tout noirs, comme le flic incarné par Daroussin, et la jeune femme qui va causer la perte du groupe.
Et puis, la reconstitution de l'époque est soignée, décors, costumes, petits métiers, dans ces cours et ces passages qui sont encore une partie de l'âme de Paris, même si maintenant ils se transforment en lofts pour bobos, ils portent encore la trace de la solidarité ouvrière, à laquelle Guédiguian est si sensible.
Pas un instant d'ennui dans ce film bien qu'il soit très long.. Tant il est plein d'humanité et de tendresse.